Je ne photographie pas les lieux pour montrer où je suis allé. Je les photographie pour raconter ce que j’y ai ressenti. Une lumière sur un mur. Une silhouette au bout d’une rue. Un visage entrevu quelques secondes. Des fragments ordinaires, parfois silencieux, qui deviennent une manière de raconter le monde.
Une façon de ralentir
La photographie m’a appris à marcher moins vite.
À observer ce que l’on ne remarque plus lorsque l’on est pressé.
La couleur d’une porte. Les traces laissées par le temps. L’ombre d’un passant qui traverse une façade.
Je cherche rarement les images parfaites. Je préfère celles qui portent une hésitation, une attente, une part de hasard.
Celles qui semblent avoir existé avant moi et qui continueront après mon passage.
« Photographier, c’est parfois simplement reconnaître qu’un instant mérite que l’on s’arrête. »
Ce que les lieux laissent derrière eux
Chaque ville possède une voix particulière.
Certaines parlent par leurs couleurs. D’autres par leurs murs, leur lumière ou leur agitation.
Je photographie les lieux comme on écoute une histoire : sans toujours comprendre tous les mots, mais en essayant d’en retenir le rythme.
Chaque série est une trace. Non pas de ce que j’ai vu exactement, mais de ce que le lieu a laissé en moi.
Les personnes, les visages
Un lieu ne raconte jamais toute son histoire sans ceux qui l’habitent.
Il y a les visages que l’on connaît. Ceux que l’on croise. Et ceux que l’on ne reverra probablement jamais.
Je cherche les gestes simples, les regards absents, les instants où une personne oublie presque la présence de l’appareil.
Je ne veux pas seulement montrer un visage.
J’essaie de préserver une présence.
La lumière
La lumière transforme les choses sans les déplacer.
Elle révèle une texture. Cache un visage. Découpe une silhouette. Fait naître une scène à partir de presque rien.
Je l’aime lorsqu’elle est imparfaite : trop douce, trop basse, parfois fragile.
C’est souvent dans cette lumière incertaine que les images deviennent les plus proches d’un souvenir.
Mon approche, ma photographie
Je photographie avec des objectifs modernes, mais aussi avec d’anciennes optiques manuelles.
J’aime leur douceur, leurs contrastes imparfaits et les accidents de lumière qu’elles peuvent provoquer.
Ces imperfections rendent chaque image un peu moins prévisible.
Elles m’obligent aussi à prendre mon temps, à faire la mise au point avec attention et à accepter que tout ne soit pas parfaitement net.
Je ne cherche pas une image totalement lisse.
Je cherche une image qui conserve une matière, une émotion et parfois même une part de doute.
Une photographie, un souvenir
Mes photographies ne cherchent pas à expliquer le monde.
Elles sont plutôt des notes prises en chemin.
Certaines parlent de voyage. D’autres de solitude, de mouvement ou de proximité.
Ensemble, elles composent une mémoire imparfaite : faite de couleurs, de silences, de visages et de lieux traversés.
Une mémoire qui ne raconte peut-être pas exactement ce qui s’est passé, mais qui essaie de rester fidèle à ce qui a été ressenti.